vendredi 17 octobre 2014

C'est mon fils

Ce n’est pas parce que j’ai dit qu’il fallait attendre en confiance la fin du synode que je vais laisser passer l’interview du cardinal Burke qu’il a donné d’ailleurs hors synode à un media.
Cette interview en anglais semble avoir eu peu d’écho dans le monde francophone. Vous le trouverez en anglais là. Cet interview suit le témoignage d’un couple pendant le synode que vous pouvez lire ici 

Un extrait traduit pour les non anglophones « Des amis nous avaient l'intention de leur réunion de famille de Noël quand leur fils gay a dit qu'il voulait venir avec son partenaire. Ils croyaient aux enseignements de l'Église, et ils savaient que leurs petits-enfants les verraient accueillir le fils et son partenaire dans la famille. Leur réponse pourrait se résumer en trois mots: «Il est de notre fils ».
Quel modèle d'évangélisation ce serait dans les paroisses si elles répondaient à des situations similaires dans leur entourage! C’est un exemple concret de ce que l'Instrumentum laboris dit sur ​​le rôle de l'enseignement de l'Église et sa mission principale qui est de faire connaître au monde l'amour de Dieu. »

Le cardinal répond donc à ce témoignage dans une interview  dont je vous en traduis un extrait :
« "Si les relations homosexuelles sont intrinsèquement désordonnés, qu'est-ce que cela signifierait pour petits-enfants de voir présent à une réunion de famille un membre de la famille qui vit une relation désordonnée avec une autre personne? Nous ne voulons pas que nos enfants puissent avoir l'impression que les relations sexuelles en dehors du plan de Dieu sont bien, qu’on ait l'air de cautionner des actes gravement coupables de la part d'un membre de la famille[…] Et nous ne devrions le faire dans le contexte d'un membre de la famille qui ne souffre pas seulement de l'attraction du même sexe, mais qui a choisi de vivre cette attraction, d'agir, commettant des actes qui sont toujours et partout le mal, mal.». 
Il a ajouté, cependant, que «les familles doivent trouver un moyen de rester près d'un enfant dans cette situation - à un fils ou petit-fils, ou quoi que ce soit - dans le but d'essayer de tirer la personne loin d'une relation qui est désordonnée. "
Sarah, encore une anglophone lui pose plusieurs questions ici

J’ai juste envie pour ma part de lui raconter ceci :
J’ai invité à mon domicile, dans ma famille un couple homosexuel plusieurs fois car c’étaient des amis bien avant mon mariage. Depuis, l’un d’eux est mort du sida accompagné jusqu’au bout par l’autre.  Mes enfants les connaissaient bien.
J’ai expliqué à mes enfants qu’avant d’être homosexuels, ils étaient nos amis et que ce qui  passait dans leur chambre ne nous regardait pas.  D’autant que leur relation n’était  pas que sexuelle (pendant les longues années de la maladie elle ne l’était même pas du tout). Leur relation n’était pas à mon sens « désordonnée »  si  certains de leurs actes privés l’étaient.
Je trouve que le cardinal Burke fait bien peu confiance à ses ouailles qu’il semble croire incapables d’expliquer cette situation à leurs enfants.
Nos enfants peuvent fréquenter des homosexuels,  ce n’est pas contagieux :) 

Je m’imagine à la place de ce couple australien et leur réponse est la mienne. C’est mon fils. Il ne s’agit pas de « cautionner » mais simplement d’accueillir de façon inconditionnelle son enfant quel que soit  ses choix (ou pas) de vie.

J’étais là lorsque Jean Michel est décédé. Pendant ses dernières heures, j’ai accompagné son père qui a appris en même temps l’homosexualité de son fils et sa mort imminente. L’horreur totale. Jean Michel n’avait jamais osé lui en parler. Alors depuis plusieurs années, ils ne se voyaient plus pour éviter le sujet.  Je lui ai raconté combien Jean, son ami avait été là, toujours. Il a vu sa peine immense à la hauteur de la sienne.
Il aura fallu que Jean Michel meure pour que son père lui dise « tu es mon fils et je t’aime quoiqu’il en soit »
Ce papa catholique pratiquant n’a pas su donner à son fils l’image d’un père qui lui aurait permis de croire que Jésus l’aimait. Nous avons prié ensemble dans la chapelle de l’hôpital pour Jean- Michel,  pour Jean son ami et pour lui qui allait continuer à vivre avec ce poids.
Je sais que Jean Michel voulait l'amour du Christ  alors à sa façon notre petite famille lui donnait ce qu'elle pouvait, pas une approbation, ni une caution mais simplement l’amour de vrais amis qui sont là dans les joies et les peines. 
J’étais enceinte lorsqu'il nous a quitté et mon fils porte son nom, celui d'un ami qui me manque. Je n'oublie jamais dans mes prières Jean Michel, son père et Jean. C'est un sourire qui me vient quand je pense à lui.

Si cela n’est pas permis d’après monseigneur Burke c’est bien dommage, mais je n’ai pas l’intention de changer d’attitude.

Mise à jour après la conférence de presse du jour:


Ça rassure :)


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