mardi 24 septembre 2013

Dialogue avec Morin


Parce qu’il est intéressant de confronter sa vision du monde à celle des autres, je viens de lire ‘Pour entrer dans le XXIème siècle ‘ de Edgar Morin.
Je ne vais pas faire un résumé mais plutôt réagir à cette lecture.
D’où parle-t-il : Morin est un sociologue athée, un revenu de l’idéologie marxiste, un homme qui cherche à comprendre finalement comment vivre une fois que l’idée de Salut sur terre (fin de l’Histoire) et dans l’au-delà (Dieu n’existe pas) est morte.
D’où est ce que je l’écoute : Blogueuse catho, trop jeune pour avoir vécu le traumatisme du nazisme du stalinisme et du maoïsme et qui se tente de raisonner sur les idéologies et les croyances y compris les siennes.

J’ai aimé son analyse des maîtres mots que sont Droite /Gauche, Fascisme /Antifascisme, Démocratie/ Totalitarisme et le risque de les utiliser comme des mots étiquettes trompeurs.
« Nos maîtres mots sont malades, dégradés, obsessionnalisés, reviennent à tort et à travers, prétendent tout connaitre et tout expliquer. Ils ont perdu vertu opérationnelle et ont acquis vertu magique d’exaltation ou d’exorcisme. »
Je cite encore : « Nous sommes victimes de l’idéologie quand nous ignorons que nous voyons le monde par le truchement de nos idées, et quand nous croyons voir dans nos idées, le monde. » Dès lors, « c’est le réel qui a tort quand il contredit l’idée ».
Bien pire, je pense moi que nous sommes victimes dès lors que nous ne décryptons pas, par manque de temps pour réfléchir, le fondement idéologique des inputs que nous recevons à grande vitesse.
Bref, il est urgent de faire attention aux mots, de ne plus fonctionner en mode binaire pour affronter la complexité autrement que par des généralisations.

Il dresse par la suite un état général de l’humanité qui ne doit plus selon lui attendre un salut dans l’au-delà ou sur terre suite à  la chute des religions et des idéologies y compris celle de la science. 
Pourtant il pense toujours que l’homme peut résister au mal et améliorer le monde s ‘il est conscient de ses limites, failles et s'il résiste notamment à la violence et la domination.
Je suis d’accord avec lui, lorsqu’il dit que la violence ne sera jamais vaincue ici-bas et qu’il ne faut pas pour autant s’y résigner mais résister.

Qu'il faille changer notre méthode de pensée et nos conceptions me semble en effet nécessaire mais là ou il parle de "voie", je parle de conversion. Est ce si loin l'un de l'autre?
Une fois de plus, si je regarde se qui me rapproche de l'autre, sans nier nos différences, je peux dialoguer.


1 commentaire:

  1. Votre article me donne envie de lire ce livre. J'hésite toujours avec Edgar Morin. J'ai peur que ce soit difficile ou partisan, je ne sais pas... Il suffit de se lancer... je vais voir à ça. :-)

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