jeudi 14 février 2013

Le sens du service



En France, servir est parfois compris comme être servile.
Les touristes nous reprochent souvent notre attitude à ce sujet. Une personne rémunérée pour accomplir une tache et qu’il faudrait presque supplier pour qu’il daigne l’effectuer.

Prenons l’exemple d’un vendeur qui ignore ostensiblement un client et attend que celui-ci l’appelle et ne va pas au-devant de lui sous-entendu, je ne suis pas son esclave.
L’air bougon du garçon de café ne nous renvoie t’il pas que ce salarié va daigner nous rendre service, installant une relation de pouvoir du fournisseur sur le client par refus d’un pouvoir fantasmé du client sur le serveur?

Servir, un mot qui est encore employé dans l’armée où on sert sous les drapeaux. Mais là encore, cela fait sourire bien des gens qui trouvent cette expression ridicule.
Servir ? Notre esprit sans culotte  entend  servitude, servage.




Sous d’autres latitudes, par exemple au Liban, on s’adresse au personnel dans les bars en employant le mot « istez » qui signifie maître et il n’est pas nécessaire de supplier pour qu’il s’affaire à remplir sa mission. Sans servilité et avec professionnalisme.

Servir dans une relation client n’est donc pas simple mais cela ne l’est pas plus dans la relation gratuite.

Dans le bénévolat, acte gratuit s’il en est, le service  est-il si gratuit que cela ? N’y a-t-il pas une attente de contrepartie ? La gratitude.

Le bénévole n’est-il pas parfois en situation non de service mais de pouvoir, le pouvoir d’aider  qui sous entent  une reconnaissance de celui à qui on  rend service, de la société.




Je me souviens d’une formation de bénévoles ou l’animateur posait la question suivante de façon provocante: Et vous comment vous payez vous ?

Rendre service sous entent un échange, être au service sous entent une servitude, le service même est devenu un secteur d’activités lucratives peuplé de prestataires. 

Mais le verbe servir sans préposition ?
Agir pour l’autre gratuitement, sans en attendre récompense, sans sous-entendu de pouvoir  auquel je me soumettrai ou que j’aurai sur l’autre en servant.

Et si nous regardions le Christ ?


Ce faisant, il n’est pas dans une position d’esclave servile, ni dans une recherche malsaine d’humiliation, ni dans une tentative de prise de pouvoir ou une manipulation. Il remet tout le monde à la bonne place, dans l’amour de Dieu et des autres.  

Servir, c’est l’amour inconditionnel

Servir, c’est aimer mais voulons nous aimer sans conditions ?

Et le petit joke pour finir




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