jeudi 6 décembre 2012

L'invisible


Ce texte n'est pas de moi, La personne qui l'a écrit m'a autorisé à le publier sur Jonastree. Ce sont ses mots et il me touchent.

Cette histoire commence dans un angle. 

L’angle d’une rue plus précisément une rue Gambetta. 
Cet angle est traversé si souvent que la distinction entre le trottoir et la route est impossible.  

Animé le jour, animé la nuit, jamais cet angle ne s’endort. 
Les magasins, les bureaux à la lumière, les bars, les restaurants au noir. 
Ces joueurs de musique, danseurs qui passent ici tout au long de la journée sans réellement s’arrêter. 
Des lumières, des panneaux, des poubelles et moi. 


Comme une partie du décor je suis assis dans cet angle.

Tout comme ces aménagements je prends le soleil, le vent, la pluie et la neige.  

Ce qui m’est réservé sont les pièces et la vieillesse qui m’envahit bien plus vite que ces passants. 


Le pochtron disent-ils lorsqu’ils sortent alcoolisés de leur bar, le sale disent-ils lorsque je souris à leurs enfants.
Mon vrai prénom était Jean je crois mais personne ne me le demande jamais. 

Il y a cet homme qui sort parfois de son restaurant à la fermeture pour me donner des restes, Un bon petit gars. Le seul qui me voit vraiment, les autres évitent mon regard, ne m’aperçoivent pas réellement. 

Un homme en costume cravate est venu me parler de sa religion, le mormonisme, qui avait le pouvoir de me sauver disait-il. Peut-être avait-il raison mais je ne pouvais pas répondre à ses questions. 
Un jour est venu, un hiver je crois, où j’ai perdu la foi de parler. 
Il m’a tourné de dos et s’en est allé en disant qu’il faisait vraiment un boulot de merde. 
Mon père m’avait pourtant dis que ces hommes si bien vêtus étaient éduqués.  Je le savais au fond, cet avenir qu’on avait espéré pour moi était irréalisable. 

Je suis là dans cette rue, cet angle plus précisément à attendre que le Seigneur veuille bien me rappeler auprès de lui.  

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