lundi 19 novembre 2012

Paix aux hommes qui l’aiment



Je sais, la phrase exacte est « paix aux hommes qu’il aime » mais je l’inverse volontairement parce que dans les faits c’est souvent ainsi qu’elle est comprise et nous appelons la paix de Dieu sur nous qui l’aimons et pas sur l’humanité, les hommes qu’il aime.
Nous faisons de cette phrase universelle un argument communautaire, un cadeau personnel  au lieu de nous émerveiller devant l’amour de Dieu, le seul capable d’aimer l’autre sans conditions, sans exclusions.


J’ai eu ce weekend plusieurs occasions de vérifier, que cette paix je la prends pour moi mais je ne suis pas au top pour la donner.



Pas plus tôt sortie du train, je me fais traiter de pute par un jeune homme qui profitait de mon billet pour passer le tourniquet du métro en même temps que moi et qui ne me trouvait pas assez rapide. 
Deux pas plus loin, c’est un homme et une femme prêts à en venir aux mains suite à un échange verbal peu amène.
Une fois sorti du métro bondé pour finalement rejoindre Denfert à pied, un gars se colle à moi pour me demander une cigarette (version tu la donnes pas, je la prends).
Bref, trois incidents en 500 mètres, j'avoue ma furieuse envie de  distribuer des claques et non la paix. 

En marchant, j'en viens même à me demander si ce n'est pas un peu du gâchis d' appeler la paix sur une personne qui s’en fiche ou encore la rejette, de l’offrir à n’importe qui?

Comment  appeler la paix  sur des gens qui n’en veulent pas ?

C’est oublier un peu vite que cette paix, n’est pas la mienne mais celle de Dieu qui lui aime tous les hommes et leur offre sa paix immense, démesurée.

Alors oui, je peux l’appeler sur tous et c’est même indispensable.

Sans sauter tout à fait du coq à l’âne, dimanche à la messe (comme tous les dimanches) le diacre nous a appelé à nous donner la paix, et nous avons répondu à son appel en distribuant baisers et poignées de main aux personnes autour de nous  « La paix du Christ ».
Sommes-nous bien conscient à ce moment, de donner cette fameuse paix de Dieu ?
Fin de la digression qui n’en était pas une.

Et retour à mon premier propos.
Dimanche donc, après la messe, je suivais sur twitter la manifestation de Civitas. (Tiens encore un exemple de ma difficulté d’appeler la paix de Dieu sur quelqu’un que je ne porte pas dans mon cœur).
J’étais contente que tout ce passe bien (j’y avais des amis) mais aussi qu’ils ne soient pas nombreux (Non mais oh).

L’esclandre des Femen et la réponse musclée de jeunes excités m’ont conforté dans mon opinion qui est, je me cite : 

« Plus je suis loin des extrêmes de tous bords mieux je me porte ». Qu'ils me fichent la paix et n'attendent rien de moi.

Et ce matin, je lis : « Que veux-tu que je fasse pour toi ?»

Alors je demande un truc, pour moi :

« Répand ta paix dans mon cœur, non parce que je t'aime mais parce que tu m'aimes comme  tous. J’en ai bien besoin. La mienne si fragile et imparfaite. » 

Ah j'oubliais: La paix soit avec vous, de tout mon coeur.



1 commentaire:

  1. La paix des hommes est éphémère, celle de Dieu est éternelle, mais nous avons encore du chemin pour la donner, l'atteindre. J'ai consacré trois billets à cette paix, à propos du beau texte de Vatican II "Gaudium et spes" sur http://direetredire.unblog.fr

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