vendredi 2 novembre 2012

Montrer, dé-montrer



Je suis tombé cette semaine sur deux trucs qui m’ont turlupiné un bon moment.

Le premier, une interview de Alexandre Jollien qui  dans son livre nous  explique  que vivre bien c’est être vrai, me dépouiller des masques, faire péter les étiquettes,  cesser de jouer un rôle et tenter d’être vrai. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir été scotchée car d’autres en ont parlé par exemple ici

Le second, un article lu dans El Watan est passé inaperçu en France.
Une islamologue tunisienne revient sur les évènements dans son pays et dit notamment à propos de l’islamisation de la société tunisienne: « Le spirituel perd du terrain en faveur du tape-à-l’œil. Pour la majorité, il n’est pas important d’ être un bon croyant, objectif difficile et validé par Dieu Seul ; il est beaucoup plus facile de montrer aux autres (et à l’autre en soi) que l’on est croyant… »
Elle parlait bien sûr de la « mode » du voile, des chaussettes sur les pantalons et barbes non taillées mais j’y ai vu une réflexion que je pouvais tout à fait reprendre à mon compte en tant que catho européenne.

 Mais pourquoi  donc choisir les béatitudes
de Françoise Burtz pour illustrer cet article ;)

Certes, le discours habituel devant l’église à la sortie de la messe dominicale est plutôt une plainte sur la difficulté de montrer aux autres que l’on est croyant dans une société laïque et déchristianisée.

Bien souvent, la discussion se poursuit sur l’habit des prêtres comme signe visible ou encore sur les pèlerinages.

Mais au-delà de cela, je pense comme cette tunisienne, qu’il est plus facile de montrer sa foi par des signes, un code vestimentaire que de croire en vérité. 

Il est plus facile de porter le masque du croyant que d’être croyant.




La croix autour de mon cou, n’est-elle pas un signe que je porte pour montrer aux autres que je suis chrétienne ? Mais fait-elle de moi une vraie chrétienne et surtout  une chrétienne crédible ?

L’habit ne fait pas le moine contrairement à l’adage.

Je peux porter une jolie croix autour du cou, parader en allant à la messe avec ma tribu Cirillus*, j’assumerai  ainsi fièrement mon étiquette catho bourg .  J’aurai montré  aux autres et à moi.

Bien souvent, je suis un monstre, une personne qui montre mais qui ne démontre pas, qui montre mais n’est pas et donc qui propose une fausse image.

Il est plus facile de montrer sa foi par des signes que de croire en vérité et pourtant c’est par une foi incarnée et non pas montrée que je suis vraiment  signe du Christ.

Le témoignage n’est pas dans des signes mais dans une vie vraie et fidèle au Christ.

Voilà, voilà. Ya plus qu’a. La méthode est .


*Entendons-nous bien, je ne dis pas qu’il faut aller à la messe en guenilles et en rasant les murs, et qu’il faut retirer nos médailles.

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