lundi 8 octobre 2012

Juste subir.


Hier, j’ai dû me rendre à l’hôpital de la ville voisine.
Un dimanche pas trop pluvieux mais  des rues désertes en ce début d’après-midi.
Il faut dire que c’était l’heure de la sieste pour de nombreuses personnes et que franchement, j’en aurais bien fait autant.
Je roulais donc calmement dans un quartier endormi.
Je le connais bien ce quartier, j’y allais au collège avant les célèbres Jamel, Omar et Anelka.
C’était alors un ensemble de barres de HLM autour d’un centre commercial miteux et d’une « aire » de marché boueuse.

Le temps a passé, les barres les plus hautes sont tombées, les autres ont été réhabilitées.
Le centre marchand ferait pâlir d’envie bien des personnes et la zone du marché a été plus que viabilisée.

Le centre commercial
Bref, un quartier qui n’est plus une cité. 
Mais est il pour autant un quartier populaire où il fait bon vivre ?

Je le pensais quand un quad a déboulé et fait hurler son moteur.

Les vrombissements ont percuté les immeubles et rebondi sur les façades.
Seul dans les rues, le conducteur mettait la gomme.  

Rue après rue, systématiquement, il quadrillait la zone accélérant dans les lignes droites. Un pâté d’immeuble après l’autre.

Une fois arrivée à l’hôpital, j’attendais (c’est le principe premier des urgences).
J’avais prévu le coup et j’étais muni de mots croisés et autres artifices pour tuer le temps.
Même dans l’hôpital, les rugissements du quad étaient plus qu’audibles.

Alors, je suis sortie sur le perron et j’ai regardé les immeubles autour de moi.

Les derniers grands immeubles vus de l’hôpital
J’étais triste pour leurs habitants, certainement fatigués par une semaine de métro boulot.

J’étais triste pour les malades certainement dérangés par ce vacarme et bien incapables de s’en abstraire.

J’étais triste pour le conducteur de quad qui faisait passer son ivresse de bruit ostentatoire avant tout et tous.




J’étais triste parce qu’en sortant de l’hôpital, j'ai rejoins, moi, mon îlot résidentiel calme et ouaté où chacun respecte le repos des autres et où la police serait intervenue immédiatement pour tapage.

J’étais triste et je le suis encore en ce lundi matin en pensant à ces pères et mère de famille qui attaquent une nouvelle semaine de banlieusard, déjà fatigués et encore plus résignés que la semaine dernière.

Ma ptite prière du jour est pour eux.

1 commentaire:

  1. Amen.
    Aux USA c'est pareil: des flics partout dans les quartiers riches et l'anarchie ailleurs.
    Quel mauvais exemple donne a la jeunesse de ce quartier que l'impunite de ce geneur.
    Pour moi, un commissariat avec des flics qui sont rellement au service des habitants (non des robocops surarmes qui meprisent les gens) est peut-etre plus important que tout le reste.

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