jeudi 19 juillet 2012

"La peur est plus tranchante qu'aucune épée" et elle a changé de camp



Lorsque je pense à la Syrie, les premières images qui me viennent à l’esprit ce sont celles des manifestations à Beyrouth qui réclamaient la fin de l’occupation du Liban par l’armée syrienne.

Les foules non violentes et finalement presque festives qui reprenaient en cœur des slogans chantants. 
« Eh yalla, Sourya tla barra. »

Des gens venus de partout encore ébahis de leur culot et déjà victorieux de leur peur avant de l’être de l’occupant.

D’un coup, le monstre syrien réel mais aussi fantasmé  est devenu une baudruche dégonflée.

Les militaires si effrayants quelques jours plus tôt se révélaient être des pauvres hères aux uniformes dépareillés et défraîchis qui n’étaient finalement effrayants qu’en ce qu’ils représentaient, la Syrie occupante.

La Syrie, c’est aussi les visages des ouvriers syriens sur les chantiers.
Des gamins venus au Liban chercher du travail, que l’on imaginait à tort ou à raison être des espions mais qui nombreux se sont réjouis de la fin de l’occupation du Liban par leur pays.

La Syrie, c’est encore le souvenir des  frères ébénistes de Bab Touma à Damas, qui inlassablement réalisaient des objets en marqueterie d’une finesse jamais égalée ailleurs.

Les familles croisées sur les routes à 5 sur une mobylette, ces gens toujours accueillants dans la simplicité et l’ouverture, souvent très pauvres et souvent terrorisés par l’arbitraire et l’injustice.

Ces gens finalement, ont eux aussi pris leur courage à deux mains pour demander la fin de l’occupation de leur propre pays par un occupant de leur propre pays.  

La peur a changé de camp

La baudruche monstrueuse tarde à se dégonfler mais le voile est tombé.

Toute monstrueuse qu’elle soit, c’est une baudruche qui va se dégonfler. 
Le lion a perdu sa crinière et devient un chat galeux.

Boukra, Inch Allah.

Bachar el Assad vient de rentrer dans son fief de Lattaquié au bord de la mer. Encore un pas et il prendra le large.

Demain, si Dieu veut.

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