vendredi 13 avril 2012

Jonas et Ninive


Jonas a prévenu Ninive et il a été entendu, le veinard.  
Je ne prétends pas être un prophète. Je suis consciente d’être plutôt une râleuse invétérée comme tout français  en fait.  Mais  il faut bien trouver un titre pour ce billet qui n’aura de biblique que cela.

Je ne vais pas faire un décryptage des programmes des différents candidats, ni confronter leurs programmes à différentes grilles de décodage.  Je ne vais pas non plus m’attacher à la forme de leurs discours et à leurs petites phrases. Je ne vais pas non plus entrer dans les calculs stratégiques électoralistes pour le second tour.

Une semaine avant le premier tour, mon opinion est faite (vous êtes au courant si vous me suivez sur les réseaux sociaux).
Avant de me retirer quelques jours, je vous pose  la question que je me suis posé moi-même étant maman de 5 enfants et qui a guidé mon choix.

Je fais depuis leurs naissances du mieux que je peux  et si je ne peux bien sûr pas tout, j’ai des responsabilités vis-à-vis d’eux.

Quelle France vais-je leur laisser ? Comment construire le meilleur pour eux ?

Je ne vais pas vous décrire une France idéale mais juste le terreau nécessaire à leur croissance. 
Bien sûr, il leur faudra un travail, et je leur souhaite aussi d’avoir une famille. C’est déjà beaucoup mais ce n’est pas tout.

Comment s’épanouir si autour de soi, l’injustice et les murs poussent.

Je veux pour eux une France où tout le monde avance ensemble.

Quand j’entends que les jeunes aiment MLP, je me sens coupable de n’avoir pu leur proposer qu’un présent effrayant et ghettoïsé qui les pousse vers l’extrême.  
Il faut être lucide. Nous avons créé une France désunie.

Par certains côtés, cela me rappelle l’Amérique  d’  « Autant en emporte le vent ».
Les Ashley, si bien élevés et si cultivés mais incapables de s’adapter aux évolutions du monde, qui vivent entre eux et se battent pour que leur monde perdure. Je pense par certains côtés être dans cette catégorie.
Les pauvres blancs  qui savent que leur avenir sera pareil à leur présent mais qui trouvent dans l’esclave noir une personne encore plus misérable qu’eux. Ils se battent  eux aussi pour cela continue par peur de finir comme les esclaves ou pire encore par peur d’être assimilés à eux.
Les esclaves enfin, qui ont cru longtemps qu’en travaillant et en étant un bon noir, ils auraient une vie meilleure et qui finalement comprennent que rien ne changera parce qu’ils non pas l’éducation, et l’égalité des droits et qu’il faudra se battre pour l’obtenir.
Bon, c’est une caricature mais la vérité n’est pas loin de cela dans le ressenti de nos enfants.

Alors, stop ou encore ?
Personnellement, je dis stop.

L’urgence est vraiment dans l’éducation.

Il nous faut retrouver une école qui permet à tous de monter dans l’ascenseur. Personne ne doit sortir du primaire sans savoir lire, écrire et compter.
Il nous faut soutenir les familles fragiles pour qu’elles ne baissent pas les bras dans l’éducation de  leurs enfants au lieu de les stigmatiser. Je pense par exemple à l’école des parents  qui permet à chacun de partager ses difficultés, de trouver un lieu où on les soutient  et les conforte dans leur rôle de parent.
Il faut accentuer la mixité à l’école et donc dans la ville pour éviter la construction de murs.
Nos enfants devront  vivre ensemble  ou vivre le chaos.

Deuxième priorité, leur emploi et leur pouvoir d’achat.
A quoi serviront les diplômes de nos enfants s’il n’y a pas d’emplois ?
Nous trouvons beaucoup de nos jeunes au front de gauche parce que cela les révolte ou pire dans les abstentionnistes parce qu’ils baissent les bras avant même de se battre.

Alors à nouveau, je dis stop.
Je ne me suis pas battue pendant toutes ces années pour que mes enfants soient dans la révolte ou la résignation.

Dans le même temps, j’assume là encore ma responsabilité sans la rejeter sur le monde qui ne tourne pas comme je le voudrais, ou qui me fait peur ou encore qui serait la cause de tous les maux.
La dette de la France, c’est la mienne puisque j’ai contribué à la creuser en acceptant avec joie des cadeaux hors de prix comme les niches fiscales par exemple.  J’y ai contribué aussi en fermant les yeux sur les dérapages dans les dépenses publiques etc. C’est la mienne parce que je suis française tout simplement.

Faire un chèque de 26700 euros? Pourquoi pas mais compte tenue du fait que tout le monde n’ai pas en mesure de le faire, c’est un geste vain. Fermer les yeux et attendre que le bateau coule en pensant comme l’autruche que si je ne regarde pas, cela n’existe pas. Ou être adulte et faire preuve de courage mais aussi d’esprit solidaire.

Remboursons donc cette dette, Chacun selon ses possibilités, pour pouvoir redonner l’espoir à nos enfants.

Mais cela ne suffira pas. 
La volonté, nous devons aussi en avoir pour créer leurs emplois en sauvegardant notre modèle social.  
Comment quand on a un certain niveau de vie peut-on manquer à ce point d’esprit civique en achetant low cost, chinois bref en n’encourageant pas à produire chez nous. 
On me dit mais il n’y a pas de produits français. C’est souvent vrai mais la demande crée l’offre.  Au lieu de nous laisser mener par le bout du porte-monnaie, décidons de privilégier ce qui est bon pour nous, pour nos emplois mais aussi pour notre environnement.  
Je n’oublie pas la dimension environnementale de notre vie et là encore, je pense que beaucoup dépend de nous et de nos choix (circuits courts, production locale durable).  
Arrêtons d’acheter les prunes chiliennes et des fraises à Noël. 
Arrêtons de pleurer sur notre facture d’essence qui de toute façon ne peut que grossir inexorablement et préparons-nous au changement en privilégiant les transports en commun, le covoiturage, le vélo et la marche à pied pour les courtes distances.

Certes, cela ne suffira pas, il faudra au niveau de l’Etat mettre en place un biotope favorable à l’entreprise et au développement durable. Mais chacun doit avoir cette volonté, l’Etat ne fait pas tout et heureusement d’ailleurs.

Troisième priorité, redonner à nos enfants des modèles irréprochables.
Comment être motivé à voter avec raison lorsque les modèles ne sont pas des modèles. 
Nos représentants doivent être irréprochables ou sanctionnés comme tout le monde lorsqu’ils ne respectent pas le droit.  Les passe-droits, le népotisme, les arrangements doivent être dénoncés et punis.
Nous même, soyons des modèles pour nos enfants, des modèles de volonté et de solidarité.

Bon, il y aurait bien d’autres choses à améliorer pour construire un monde vivable à nos enfants mais je pense que les priorités sont là.

Vous l'aurez remarqué, je suis consciente que notre vote ne suffira pas à changer le monde même si mon candidat gagne car je pense que c'est l'affaire de tout un chacun, tout les jours.
Je suis bien décidée à y contribuer encore et toujours. 
Mais je veux envoyer à la génération suivante, par mon vote, un message d'unité, de solidarité et d'espoir lucide et sans mensonges.


Sur ce, je vous laisse quelques jours pour me concentrer sur ce qui compte le plus pour moi en ce bas monde, mes enfants.

Bonne semaine à vous tous,


Ps : Ma p'tite prière du jour pour nous tous et pour notre pays. Pour l’espoir mais aussi pour l’espérance. Pour les bâtisseurs du royaume qui n’est pas de ce monde mais qui est à bâtir dès aujourd’hui.

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