jeudi 9 février 2012

La correction fraternelle


Dans son message de carême 2012, Benoit XVI consacre un chapitre à  la correction fraternelle.
« La correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd’hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères ». Dans mon dernier billet, je vous parlais de donner et recevoir  et donc de la charité, mais la lecture du message papal m’ouvre une autre dimension de la charité.
J’avoue ne pas mettre penché sur ce sujet avant de lire Benoit XVI. La correction fraternelle, c’était pour moi réservé au chapitre des monastères et  l’association de la charité à la correction ne me semblait pas évidente du tout.

Je pense ne pas être la seule à associer correction aux devoirs de math ratés qui subissaient les corrections rageuses de mon prof. Ou encore,  la trempe salutaire administrée suite à mes bêtises de gosse. Mais dans le texte de Benoit XVI, correction ne signifie pas châtiment, punition. Corriger, c’est améliorer. C’est observer comme à la voile les erreurs provenant de la dérive pour redresser le cap.

Cap sur le Salut
Corriger fraternellement, c’est expliquer de façon bienveillante et sans jugement péremptoire. Corriger fraternellement, c’est appeler par charité à la conversion.

Et moi dans tout ca …
J’entends ce message en me disant, qu’il va me falloir me corriger avant de pouvoir prétendre corriger les autres.  

Saint Paul disait : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » En effet, il m’arrive bien souvent de porter un jugement sur les actes de mes prochains et pas très fraternellement, pas en offrant une opportunité de changement mais en fermant ma porte et en me retranchant derrière mes certitudes.

Dans nos dialogues, savons-nous donner une correction fraternelle. Savons-nous indiquer une dérive avec bienveillance sans jeter d’anathème? Avons nous l'humilité de corriger sans vouloir prendre un pouvoir sur l'autre?  Savons-nous simplement proposer un autre chemin que celui de la condamnation, un chemin de conversion?

Et enfin savons-nous la recevoir car« Nous avons toujours besoin d’un regard qui aime et corrige, qui connaît et reconnaît, qui discerne et pardonne »?


PS: Charité bien ordonnée commence par soit même. Alors n'hésitez pas à me corriger fraternellement si je dérape et soyez  sûrs que je vais m'efforcer d'en faire autant pour vous :)
(réciprocité: cf un autre chapitre de la lettre)

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