dimanche 15 janvier 2012

L'esclavage contemporain: Joana, ma fille


J’ai reçu aujourd’hui un mail de Joana.  Philippine, mariée avec une fille? elle avait été obligée de partir au Liban pour faire vivre sa famille. Elle est arrivée chez nous, parlant à peine l’anglais, terrorisée par cette nouvelle vie. J’ai eu la chance de croiser son chemin. Nous avons ri ensemble, prié ensemble et parfois pleuré ensemble.  Elle a lavé à la machine ma veste en daim, explosé le micro-onde mais elle a aussi apporté son incroyable espérance dans notre maison. Ce fut ma troisième fille, ma fille aînée en fait car elle était bien jeune.
Ensemble, nous avons aidé ses amies dans les maisons de nos voisins. On connait peu en France les « bonnes » logées nourries et je pense que c’est heureux. Si Joanna faisait partie de notre famille, ce n’était pas le cas de ses amies.  La plupart d’entre elles sont quasiment séquestrées. On leur confisque leur passeport.  A la moindre  « bêtise » leur salaire est supprimé. Certaines sont battues ou encore utilisées par le père de famille. Pour nourrir leur famille, elles deviennent des esclaves qui travaillent 7 jours sur 7, logées dans des placards pour 180 euros par mois. A la fin de leur contrat, on les accuse de vol pour ne pas à avoir à payer leurs salaires et leur billet de retour et elles moisissent dans des prisons sans aide de leur pays trop anémié pour pouvoir faire front.

Nous avons quitté le Liban et Joana est retournée dans son pays.
Impossible de la ramener en France avec nous. 
Visa impossible...
 Nous avons dû nous séparer.
Des nouvelles de temps en temps des Philippines.
Elles ne sont guère réjouissantes, si ce n’ai qu’elle se bat pour sa fille

Et aujourd’hui  ce mail.

Pas le choix, elle a dû repartir pour un nouveau contrat de deux ans à Abu Dhabi.  
Elle est désormais  et depuis trois mois, employée par un couple  syrien expatrié. Aucun jour de congé, corvéable à merci. 

Et là j’enrage !!!!!  Ils sont CHRETIENS …


Comment peut-on se dire CHRETIEN et traiter son prochain ainsi.  


Je confie aujourd’hui Joana et ses sœurs à vos prières.  Mais je lance aussi un appel. Si vous connaissez quelqu’un à Abu Dhabi qui puisse l’aider, contactez-moi.
C’est à ce qu’ils auront fait pour les pauvres que Jésus Christ reconnaîtra ses élus (cf. Mt 25,31-36).
Etre chrétien pratiquant c’est aussi ça.
 Aider les églises en détresse OUI mais aussi aider nos frères chrétiens en détresse.

1 commentaire:

  1. A la même date que mon post, Benoît XVI affirme que « Des millions de personnes sont concernées par le phénomène des migrations, mais ce ne sont pas des numéros. Ce sont des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes âgées qui cherchent un lieu où vivre en paix », a affirmé Benoît XV...
    Qu'il soit entendu.

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