mardi 13 décembre 2011

Science sans conscience ....


Je suis d’une famille de paysans. Non, ce ne sont pas des agriculteurs, leur rapport à la terre est plus qu’un métier codifié par l’Insee. Une dizaine de vaches, des prés pour les nourrir, un peu de mais pour les poules, une petite vigne pour la consommation familiale, des noyers,  des fraises pour payer les extra.   Dans les années 70, on leur a dit qu’il fallait produire plus, rationaliser leur production, et ils ont regardé leurs jeunes  voisins s’endetter auprès du CA pour monter des élevages modernes, pour acquérir des machines de plus en plus performantes. Certes,  ma famille a elle aussi acheté un tracteur mais chez elle, pas d’élevage en batterie, le veau sous la mère, pas de fraises poussées aux engrais et pesticides, des petites fraises gouteuses qui se font attendre.  Dans ce coin paumé, pas de coopérative agricole, mais l’entraide paysanne.  Ils n’ont jamais utilisé de farines animales, utilisant du maïs concassé fait maison pour compléter le foin d’hiver et leurs vaches broutaient au pré.
Vous me direz, ils ont refusé le progrès et si tous les paysans avaient fait comme eux, nous serions en pénurie alimentaire. J’entends bien mais mais ils ont fait preuve de bon sens paysan en ne se laissant pas séduire par des promesses mirifiques que beaucoup payent cher maintenant, nous compris. 

Les besoins alimentaires devenant énormes, on a cherché à produire toujours plus, développant la productivité agricole grâce aux engrais, pesticides et machines. Nous avons voulu maîtriser la nature pour le bien du plus grand nombre. Cet effort était louable et nous avons été peu circonspects sur les méthodes.
Il aura fallu quelques catastrophes pour que nous prenions conscience des limites de l'agro industrialisation. 
Les industriels de l'agro alimentaires ont été des apprentis sorciers mais ce stade est dépassé et ils nous expliquent désormais, qu'ils sont les seuls a faire face aux enjeux environnementaux (pollution par les pcb et les pesticides) qu'ils ont créé hier. Ils se déclarent en lutte contre la faim dans le monde et paradoxalement, ils affament les paysans du tiers monde. La palme d'or revient à l'opération généreuse à Haiti. 
Demain ils se prendront- ils pour des dieux créateurs auxquels nous devrons apporter nos offrandes ? 

Voyons par exemple Monsanto qui n'a de saint que le nom

Mosaïque de 200 000 graines. ici

Un bref état des lieux:
   
Les OGM:  Le conseil d’état a annulé le moratoire sur le maïs transgénique Monsanto et il ne sera pas être facile de le maintenir malgré tout.  

Les agriculteurs sont malades, victimes des pesticides du groupe … Monsanto

La biodiversité des semences est un souvenir lointain en France depuis que les semenciers ont fait main basse sur ce marché. La situation ne va pas s’améliorer puisque les agriculteurs n’ont désormais plus le droit d’utiliser leurs propres semences et celles de leurs voisins. De plus, les semences anciennes sont interdites. Monsanto and Co

Et demain les animaux ? 
Les farines animales pourront bientôt être réintroduites grâce à Monsanto qui s'apprête à déposer des brevets pour des animaux d'élevage. Le poulet exempt de fièvre aviaire, le bovin sans maladie de la vache folle, le porc formaté Monsanto ne sont plus une utopie mais une réalité proche. 


La nature est sous la responsabilité de tous et elle est le patrimoine de tous (présents ou à venir).  
Elle ne doit pas devenir l'apanage de quelques uns. La science peut permettre beaucoup à l'humanité si est n'est pas confisquée par un monopole incontrôlable.













1 commentaire:

  1. Pas facile de sensibiliser dans une socièté qui crois tout mais qui ne vérifie rien, qui continue a se pourrir dans les McDOs et qui se sent heureux après avoir regarder une téléréaliter... paye ta génération

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